• Axe 1 : La dynamique de la production écrite.

Dynamique de la mobilisation des unités de traitement en production de textes.
L'objectif de notre recherche est d'étudier la temporalité des traitements infra-lexicaux et lexicaux impliqués dans l'écriture d'un mot lors de la production d’un texte. Il s'agit en particulier de déterminer si les traitements sont immédiats (le mot n est traité pendant son écriture), s'ils peuvent être retardés (le mot n-1 peut encore être traité lors de l'écriture du mot n) et s'ils peuvent être anticipés (le mot n+1 peut commencer à être traité pendant l'écriture du mot n). Pour pouvoir capter de tels effets, nous utilisons trois types de mesures chronométriques : la pause avant l'écriture du mot n, le débit d'écriture de ce mot et la durée totale des pauses pendant l'écriture de ce mot.

Dynamique de la planification syntaxique et sémantique en temps réel.
En appliquant notre conception dynamique et multidimensionnelle aux propositions, nous supposons que différents éléments pourraient être traités simultanément à différents niveaux. Nous analysons, notamment, l’effet de la complexité syntaxique, du nombre et du type de cas sémantiques (Fillmore, 1968, 1975), et de l’information nouvelle introduite dans chaque proposition sur les pauses et les débits d’écriture réalisés au cours de la production écrite de textes. Cela présente, entre autres choses, l’avantage de considérer la gestion en temps réel de processus relevant à la fois des hauts et bas niveaux.

Comparaisons cross-linguistiques.
Les différences de production de syntagmes nominaux entre le français et l’anglais (forme de l’article défini invariable ; le nom n’est pas systématiquement précédé d’un déterminant ; inversion de la place de l’adjectif) constitue également une piste de recherche intéressante. En effet, la syntaxe spécifique à une langue exercerait une contrainte sur l’activation des représentations (Janssen, Schirm, Mahon, et Caramazza, 2008). Par conséquent, il serait intéressant de reproduire nos études en langue anglaise afin de comparer la dynamique des processus impliqués dans la production de syntagmes nominaux anglais avec la nôtre.


  • Axe 2 : Métacognition.

Métamémoire.
Un domaine de recherche auquel je m’intéresse concerne l’utilisation de deux processus métamnésiques, le monitoring et les mécanismes de contrôle, et l’impact des conditions d’encodage sur ces processus chez les enfants. L’utilisation de paires de mots associés sémantiquement devrait aider les enfants à discriminer les items faciles des items difficiles (Koriat & Shitzer-Reichert, 2002). En proposant une situation dans laquelle le monitoring précède le contrôle afin de les aider à contrôler leur allocation de temps d’étude de manière appropriée, on s’attend à observer un temps d’étude plus long alloué aux items non associés qu’aux items associés, comme chez les adultes (Son & Meltcafe, 2000). Par ailleurs, les jugements d’apprentissage devraient être affectés différemment selon le type de stratégie d’apprentissage proposée, basée sur la lecture ou la génération des paires de mots. Il serait intéressant de se focaliser sur l’adaptation des stratégies dans une tâche d’apprentissage en faisant varier les différents types d’indices (intrinsèques, extrinsèques, mnésiques, Koriat, 1997).

Métacompréhension.
Enfin, dans le cadre du post-doctorat que j’occupe actuellement, je m’interroge à propos des variables contextuelles prises en compte par les utilisateurs au niveau métacognitif qui modifient leur compréhension. Plus précisément, j’étudie l’impact de la structure organisationnelle de documents numériques sur leur compréhension et leur métacompréhension, notamment en partant du principe que l’amélioration de la compréhension de textes scientifiques numériques via leur illustration (Gyselinck, 2002) impliquerait une amélioration de la précision du jugement de métacompréhension (Maki & Berry, 1984).